Revue Le Banquet
retour page d'accueil
    
Présentation    Comité de rédaction    Commander / s'abonner    Soumettre un article    Contact    Aide
  Sommaires
Articles
Critiques
Auteurs
 
actualités
économie
ethnologie
histoire
international
littérature
philosophie
politique
religion
social

 
 
 

 

 

Le discours sur le déclin de la recherche : un indicateur du besoin de connaissances et de débat

  Consulter ce document
au format pdf

Le Banquet, n°19, 2004/1.
Domaine politique - thème recherche.
Par Rémi BarréProfesseur des universités, ingénieur civil des mines, responsable au CNAM des enseignements concernant les politiques de la science et de la technologie. Créateur et directeur de l'Observatoire des sciences et des techniques, groupement d'intérêt public (GIP) chargé de produire et de diffuser les indicateurs de la science et de la technologie de la France en comparaisons internationales (1990-2001). Président du Club prospective de l'Association ECRIN. Membre du Comité éditorial des journaux scientifiques : Technology Analysis and Strategic Management, Scientometrics, International Journal of Foresight and Innovation Policy.

Une situation insaisissable

Depuis quelques mois, il est convenu d'évoquer le « déclin » de la recherche française, au point que celui-ci est désormais considéré par beaucoup comme un fait acquis. Sur ce thème se greffent des discours complémentaires, que l'on voit également fleurir depuis un an et demi, à savoir le désintérêt des jeunes pour les sciences, lequel irait de pair avec une défiance croissante du public vis-à-vis de la science et des innovations qu'elle permet (par exemple les OGM), ainsi qu'avec la fuite des cerveaux vers des cieux plus propices à l'activité de chercheur. Récemment, le problème des coupures de crédits des organismes de recherche, conduisant à une brutale crise financière des laboratoires, a produit l'étincelle qui fait fonctionner le détonateur médiatique : la grande presse fait désormais écho aux problèmes que rencontre en France le secteur de la recherche.

Tous ces éléments pourraient être l'occasion d'une remise à jour du « contrat social » entre la nation et ses chercheurs à travers une modernisation dont chacun comprend la nécessité, même si ses termes sont, bien entendu, à définir collectivement. Force est de constater cependant que le débat peine à se construire et donne davantage le sentiment d'une agitation vaine que d'avancées vers des solutions élaborées à partir de diagnostics et de visions partagées.

Le risque existe alors d'une spirale dangereuse où la banalisation du discours sur le déclin, associé à des polémiques obscures, aggrave la perte de crédibilité des acteurs de la rechercheLes acteurs de la recherche sont, d'une part, les parties prenantes directes du dispositif de recherche publique et d'enseignement supérieur (les chercheurs, les enseignants-chercheurs, les responsables des institutions et les instances diverses de conseil et d'orientation, etc.), d'autre part, les partenaires utilisateurs et co-financeurs de la recherche (entreprises, collectivités locales notamment) et enfin le politique. vis-à-vis des politiques et vis-à-vis des jeunes en particulier. D'où, alors, une absence de volonté politique pour effectuer les réformes nécessaires et, logiquement, un moindre financement, d'où une moindre attractivité… C'est le cercle vicieux dont on a quelques raisons de penser qu'il est déjà enclenché.

Si l'on refuse de considérer ce scénario comme une fatalité, comment alors tirer parti de cette situation insaisissable et potentiellement délétère, mais qui a le mérite de mettre les protagonistes (acteurs de la recherche, politiques, entreprises, associations, grand public) « au pied du mur » ?

Nous nous proposons d'éclairer un aspect de cette question en nous intéressant aux aspects cognitifs du problème posé.

Pour cela, nous allons examiner dans un premier temps ce que nous apprennent les indicateurs sur la question du « déclin » de la recherche française ; nous allons identifier dans un deuxième temps les initiatives et actions que ces leçons suggèrent, pour aborder, dans un troisième temps les facteurs freins et moteurs à l'émergence d'un scénario alternatif.

Le discours sur le déclin, révélateur d'un malaise dont le déficit de connaissance sur le système de recherche est un aspect

Des indicateurs non interprétables en termes de déclin par défaut d'analyses complémentaires

Disons d'emblée que les indicateurs dont nous disposonsCf. par exemple : Science & technologie – indicateurs 2002, Rapport de l'OST, Économica, 2001, ou encore Third european Report on Science and Technology indicators, Commission européenne, 2003 ne permettent pas de conclure à un déclin global de la recherche française comme certains le prétendent. On constate effectivement des évolutions de plusieurs macro-indicateurs qui posent question, mais dont l'interprétation est loin d'être évidente.

Prenons par exemple le score modeste de la recherche française sur l'indicateur de citationsCet indicateur calcule le nombre moyen de citations reçues par les articles scientifiques français et le rapporte à la moyenne mondiale. Le score de la France est sensiblement inférieur à celui de l'Angleterre et de l'Allemagne, notamment., qu'on interprète comme démontrant l'insuffisante qualité de la recherche de notre pays. En y regardant de plus près, on s'aperçoit que le niveau de l'indicateur s'explique en réalité par celui de la recherche médicale, qui est faible, ce qui ne traduit pas nécessairement une qualité insuffisante de cette disciplineOn peut faire différentes hypothèses pour expliquer le relativement faible nombre de citations des articles de recherche médicale publiés par les équipes françaises, comme par exemple une propension particulière à publier en français (ce qui fait mécaniquement chuter le nombre de citations puisque le lectorat est alors limité aux francophones).. Le facteur qualité de la recherche n'est, en effet, qu'un facteur parmi d'autresCeci a d'autant plus d'effet sur la moyenne nationale que, dans la base de données utilisée (le Science Citation Index), la recherche médicale représente environ le tiers du nombre total des publications. et, dans la mesure où les analyses précises permettant d'expliquer le niveau de l'indicateur, n'ont pas été menées, on ne saurait conclure. De la même façon, les interprétations de la baisse de la part de la France dans le nombre de brevets inventés au niveau mondialL'indicateur est calculé comme étant est le pourcentage mondial des inventeurs ayant une adresse en France dans les brevets déposés en Europe (dans le système européen des brevets) ou aux États-Unis. sont multiplesPar exemple, une non-spécialisation dans les secteurs où le nombre de brevets a fortement augmenté sur le plan international (par exemple les biotechnologies) ou encore une moindre orientation vers les stratégies qui privilégient le dépôt de brevet par rapport aux autres formes de protection, comme le secret., mais là encore, faute d'investigations, il est impossible d'avoir une véritable compréhension du phénomène, seule façon de déduire des indicateurs un diagnostic sur l'état de la recherche française.

Quant à la fuite des cerveaux, le fait majeur est la faiblesse des flux de scientifiques français vers les États-Unis comparés à ceux provenant du Royaume-Uni ou d'Allemagne, et le nombre encore plus faible de chercheurs français qui restent aux États-Unis. De même, la désaffection pour les études scientifiques doit être relativisée : la diversification de la formation des jeunes n'est pas un mal en soi dans une société où les services prennent de plus en plus d'importance et, qui plus est, le nombre d'ingénieurs et de docteurs français se compare favorablement avec celui des pays développés.

Ainsi, ces indicateurs représentent des clignotants, pas nécessairement interprétables en termes de diagnostics de la situation de la France, ceci en raison de leur caractère très global et de l'insuffisance des analyses pour identifier les causes précises de leur valeur numérique.

Le paradoxe apparent du déficit de connaissances

À défaut de nous fournir un diagnostic fiable de la performance de la recherche française, les indicateurs révèlent un défaut de connaissance sur le système de recherche français.

Des indicateurs mais pas d'analyses aval. ‑ Grâce à la création de l'OSTObservatoire des sciences et des techniques, groupement d'intérêt public dont la mission est de produire les indicateurs de la science et de la technologie., en 1990, nous disposons d'une batterie conséquente d'indicateurs, qui viennent s'ajouter à ceux, plus généraux, produits par l'OCDE et la Commission européenne. Mais cet acquis, pour important qu'il soit, ne peut répondre à la question de l'évaluation et du diagnostic du système de recherche. Les chiffres bruts, fussent-ils des indicateurs, n'ont pas, en effet, de signification en soi et un indicateur ne saurait fonder un diagnostic qu'une fois comprises les raisons de son niveau ou de son évolution. Or, le débat sur le déclin de la recherche française révèle précisément que les analyses en aval des indicateurs, pour passer de la connaissance d'un chiffre à un diagnostic, n'ont pas été faits, ou du moins pas au niveau nécessairePar exemple, nous n'avons pas d'informations fiables et utilisables sur toute une série d'aspects essentiels pour apprécier l'efficacité de la recherche, comme par exemple les montants représentés par les contrats passés par les entreprises à la recherche publique et universitaire, de même qu'on ignore le montant des dépenses publiques par grand thème ou par discipline. En outre, les comparaisons fines entre institutions et avec l'étranger sont pratiquement inexistantes ou inexploitables..

De nombreuses évaluations mais pas de validation ni de cumulativité des résultats. ‑ Il existe en France des institutions telles le CNERComité national d'évaluation de la recherche (chargé d'évaluer les organismes publics de recherche, des programmes et des instruments)., le CNEComité national d'évaluation (chargé d'évaluer les institutions d'enseignement supérieur dépendant du ministère de l'Education nationale). et le CSRTConseil supérieur de la recherche et de la technologie (chargé d'évaluer la politique nationale). dont la mission est d'évaluer les composantes du système de recherche ; de nombreux rapportsHenri Guillaume, La technologie et l'innovation, Rapport au ministre de l'Éducation nationale, de la Recherche et de la Technologie, et au ministre des Finances et de l'Industrie, Paris, La Documentation française, 1998 ; Bernard Majoie, Recherche et innovation : la France dans la compétition mondiale, Commissariat général du plan, Paris, La Documentation française, 1999 ; Pierre Cohen et Jean-Yves Le Déaut, Priorité à la recherche. Quelle recherche pour demain ? 60 propositions pour améliorer la synergie entre recherche et enseignement supérieur, l'autonomie des jeunes, l'évaluation, la mobilité et les échanges, Rapport au Premier ministre, 1999 ; Michel Destot, Rapport d'information sur l'innovation en France déposé par la Commission des finances, de l'économie générale et du plan, Assemblée nationale, Document d'information de l'Assemblée nationale n° 2364, Paris, 2000 ; Michel Charzat, Rapport au Premier ministre sur l'attractivité du territoire français, 2001 ; Alain Pompidou, Pluridisciplinarité et synergies : une nécessité pour la recherche, Conseil économique et social, 2002 ; Philippe Marini, rapporteur général, René Trégouet, rapporteur spécial, Rapport général 87 (2001-2002) - Tome III - Annexe 33 – Commission des finances, loi de finances pour 2002, tome III, annexe 33 : Recherche ; Politiques structurelles ; OCDE, Recherche et innovation – France, Paris OCDE, 1999. ont été publiés ces dernières années avec le même objectif, sans compter divers rapports de l'IGAENRInspection générale de l'administration de l'éducation nationale et de la recherche. et de la Cour des comptes. Ces activités ont pour fonction d'étudier les différentes facettes du système de recherche. Comment expliquer le déficit de connaissances alors que se multiplient les évaluations d'institutions, de programmes, d'instruments et de politiques ?

Il y a, à notre avis, deux raisons majeures à cet état de fait, à savoir le cloisonnement et la dispersion de ces travaux et leur élaboration confinée au milieu administrativo-politique à l'exclusion de la communauté des chercheurs spécialisés dans l'analyse des politiques publiques, la gestion de la recherche, l'économie de l'innovation, notamment. Il n'y a guère de travaux empiriques, et lorsque tel est le cas, les déficits méthodologiques empêchent que les démonstrations soient probantes et fassent réellement progresser la connaissance.

Il en résulte que les données recueillies ne font pas l'objet de critique méthodologique, que les analyses et interprétations ne sont pas débattues entre spécialistes : bref, les travaux ne font pas l'objet de validations scientifiques, et par voie de conséquence il n'y a ni diffusion hors de cercles très étroits, ni cumulativité des travaux. Ceci conduit au total à ce qu'il faut bien appeler la portée fort limitée sur le plan cognitif de ces activités. Au fond, ces évaluations ont davantage une fonction rhétorique que cognitive. La preuve en est, entres autres, le caractère très général, voire lénifiant, des recommandations auxquelles ces évaluations aboutissent.

Le déficit de connaissances : cause et conséquence du malaise actuel

Il y a donc coexistence d'une situation où l'on dispose d'indicateurs et où les évaluations sont nombreuses, avec une situation de pénurie de connaissances pertinentes et partagées sur le système de la recherche. De fait, la France est parmi les grands pays scientifiques l'un de ceux qui a produit le plus de rapports officiels sur sa recherche et l'un de ceux qui a le moins développé les travaux de recherche concernant sa recherche publique. Tout se passe comme si plus on avançait sur le premier aspect, plus le second était occulté : à quoi bon, en effet, un énième travail, si on dispose déjà de pléthore de rapports ? Il y a là un cercle vicieux que met bien en évidence le discours sur le déclinIl est intéressant de remarquer qu'il ne s'appuie aucunement sur les évaluations évoquées ci-dessus, tant elles ne montrent rien de manière convaincante..

La difficulté à produire des connaissances apparaît ainsi comme étant cause et conséquence du malaise actuel :

- cause du malaise dans la mesure où le déficit de connaissances sur le système de recherche ne peut que peser lourdement sur toute tentative pour penser et construire l'avenirSans omettre la réalité des oppositions et conflits intrinsèques entre les acteurs de la recherche, ni sous-estimer leurs incidences quant aux divergences sur évolutions souhaitées. ;

- mais aussi conséquence de ce malaise, dans la mesure où le cercle vicieux évoqué ci-dessus exprime au fond la défiance entre les acteurs concernés et leur incapacité à rechercher ensemble les voies d'une évolution nécessaire dont la production de connaissances partagées pourrait être une des modalités.

Si le discours sur le déclin est fragile dans les indicateurs qu'il invoque, l'écho qu'il trouve en fait un révélateur de l'existence d'un problème de fond, dont on voit qu'il a une dimension cognitive importante. Comment alors briser le cercle vicieux du blocage de la production de connaissances évoqué ci-dessus ?

Remédier au déficit de connaissances suggère des pistes ayant une incidence sur la dynamique même du changement

Nous faisons ici l'hypothèse que l'importance des enjeux d'une recherche performante et la profondeur du malaise des chercheurs conduit l'ensemble des acteurs à agir pour élaborer des évolutions du dispositif. Une des actions à envisager est la production de connaissances pertinentes, fiables et partagées sur le système de recherche. Il convient de ne pas se cacher la complexité intrinsèque du système qu'on cherche à comprendreComplexité par exemple des relations entre organismes de recherche et universités et complexité due à la variété des modes d'organisation des organismes de recherche., ainsi que celle des questions abordéesPar exemple, la question des relations de la recherche publique avec l'industrie, les questions de déontologie et de responsabilité, les nouvelles relations entre science et société.. Nous esquissons ci-après deux aspects d'une telle action.

Un programme de recherche finalisée articulé aux activités d'évaluation

L'idée serait de construire un programme de recherches finalisées portant sur des points-clés du système de recherche, élaboré en tenant soigneusement compte de l'état national et international des connaissances et des besoins des acteurs partenaires de la politique de recherche. Ceci implique que l'on mette en place en place un dispositif de production de connaissances certifiées, donnant toute leur place aux débats contradictoires entre spécialistes, aux publications dans les revues internationales traitant des questions de gestion de la recherche et de politique scientifique.

Comme dans toute recherche finalisée, la validation entre spécialistesC'est-à-dire entre chercheurs reconnus dans ces domaines. est nécessaire mais pas suffisante : les résultats devront être discutés avec les acteur sociaux concernés en sorte que les connaissances produite soient partagées. Ceci implique la mise en place de colloques et séminaires, mais aussi d'évaluations multi-acteurs du programme de recherche considéré.

En parallèle, des évaluations d'institutions, de programmes, d'instruments et de politiques devraient être mises en place, qui se distingueraient au moins sur quatre aspects essentiels de ce qui a été fait jusqu'à présent :

- les termes de références des évaluations renverraient à des questions élaborées en commun par les acteurs de la recherche ;

- ces travaux seraient coordonnés entre les diverses instances concernées ;

- leurs aspects analytiques seraient réalisés selon des méthodes transparentes et validées scientifiquement ;

- leurs résultats feraient l'objet de débats, d'une part, entre spécialistes pour la validation et l'accumulation « scientifique » et, d'autre part, entre acteurs de la recherche pour la validation et l'accumulation « sociale », les deux n'étant d'ailleurs pas complètement séparées.

Des dispositifs d'interprétation collective des résultats et de mise en perspective pour l'action : les opérations de prospective

Au-delà de ces travaux relativement ciblés, il convient que soit créé un dispositif permettant d'intégrer ces connaissances et ces résultats dans une perspective plus large et de leur donner une traduction en termes d'orientation de politiques et d'actions pour mettre en œuvre ces orientations.

Ceci pourrait se faire dans le cadre d'opérations de « prospective stratégique », qui consistent précisément à appréhender, en impliquant les acteurs de la recherche, un ensemble large de paramètres qui influent sur la dynamique du système de recherche, ceci en se donnant un horizon à moyen et long terme permettant de dépasser les effets de conjoncture. Il s'agit d'élaborer une vision de ce que nous voulons être, de ce que nous voulons faire et comment. De telles opérations sont des processus participatifs produisant de « l'intelligence collective ».

De telles opérations ont besoin des connaissances produites par les activités de recherche et d'évaluation évoquées ci-dessus, mais en même temps elles les dépassent en les intégrant dans une dynamique différente. Dynamique qui, elle-même, engendre de nouvelles demandes et de nouveaux axes de travail pour l'évaluation comme pour la production de connaissances.

Ainsi, peut s'enclencher un cercle vertueux où la production de connaissance appelle le travail collectif des acteurs de la recherche, qui facilite alors des processus d'interaction et de construction de l'avenir, c'est-à-dire des processus socio-politiques. Ceux-ci, à leur tour, produisent de nouvelles interprétations et de nouvelles questions…

Des émergences à considérer

Parmi les événements récents, deux pourraient s'inscrire dans la logique ci-dessus :

- le 6e Programme-cadre de la Commission européenne va permettre la création du réseau d'excellence PRIMEPolicies for research and innovation in the move towards the European research area. qui réunit les principales équipes européennes dans le domaine de la gestion de la recherche publique et de la politique scientifique. Plusieurs équipes française seront impliquées dans ce réseau qui va donner leur l'assise et la masse critique nécessaires pour que les chercheurs en ce domaine jouent le rôle qui devra être le leur si un programme de recherches finalisées ambitieux est lancé ;

- une opération de prospective appelée FutuRISFutur de la Recherche et de l'Innovation dans leurs relations à la Société. a été engagée par l'ANRTAssociation nationale de la recherche technique. début 2003. Elle consiste à produire pendant une année, un certain nombre de dossiers d'analyse et de scénarios possibles concernant le système national de recherche et d'innovation. La seconde année devrait être l'occasion pour les acteurs de la recherche de débattre du futur afin d'éclairer la politique de recherche et d'innovation et de préparer des réformes nécessaires.

Conclusion

Produire des connaissances peut être un facteur porteur d'une dynamique de changement, dès lors que les choses sont envisagées avec assez d'ambition et de rigueur. On peut espérer que l'écho que trouve le discours sur le déclin de la recherche, qui témoigne de l'inquiétude et de la frustration des acteurs de la recherche, pourra déclencher la décision de produire des connaissances : c'est en effet sur cette question qu'achoppe ce discours, par ailleurs porteur d'espoir.

Les émergences évoquées ci-dessus pourraient être considérées comme des opportunités dans cette perspective : les acteurs de la recherche le voudront-ils, le pourront-ils ?

Le Banquet, n°19, 2004/1.
Domaine politique - thème recherche.


842