George Bush et Brent Scowcroft, À la Maison blanche. 4 ans pour changer le monde
|
|
 |
Le Banquet,
n°15,
2000.
Domaine international -
thème États-Unis.
Odile Jacob, 1999, 619 pages
Les quatre années (1989-1992) passées par Bush à la Maison blanche furent majeures dans l'histoire internationale: la dislocation
de l'Union soviétique et la chute du Mur de Berlin, la guerre du Golfe et la gestion diplomatique des conséquences du raidissement
chinois avec les événements de la place Tienanmen. Ce livre à deux voix — Scowcroft a été conseiller à la sécurité nationale
et l'un des plus proches collaborateurs du président — constitue un document d'histoire majeure sur les événements mondiaux
et, au-delà, sur le fonctionnement concret de l'exécutif américain. L'importance des relations personnelles dans le fonctionnement
de la démocratie est également mise en lumière et l'on côtoie les personnages de Gorbatchev, de Kohl, de Thatcher et de Deng
Xiaoping — plus accessoirement de Mitterrand.
Il est certainement difficile d'opérer un décryptage incontestable de ces mémoires singulières, qui évitent le piège de l'autojustification,
mais ne replacent pas pour autant la politique menée dans une stratégie à long terme ou une longue interrogation sur la puissance
américaine et l'équilibre des nations, comme aurait pu le faire Kissinger, sauf dans la postface où apparaissent des considérations
assez générales sur le rôle international des États-Unis, qui confirment l'engagement traditionnel des administrations républicaines
dans les affaires mondiales. Nous n'aurons pas non plus de confession d'erreurs — même si le jugement sur Eltsine paraît trop
indulgent, quelle qu'ait été, par ailleurs, sa fascination pour un Gorbatchev qui apparaît tour à tour puissant et faible.
La seule erreur confessée par Scowcroft concerne la mauvaise appréciation des «nationalisme provinciaux» en ex-Union soviétique.
On notera aussi le décalage, certes connu, entre l'acceptation de la réunification allemande, considérée comme inévitable,
par le président américain (mais non par Scowcroft), et la crainte qu'elle entraînait chez Mitterrand et Thatcher. La guerre
du Golfe, à laquelle sont consacrés de longs chapitres, apportent des éléments d'analyse intéressant sur le détail des opérations
américaines. Une grande absente du texte: l'opinion publique américaine — mais il est vrai qu'elle est éloignée des préoccupations
de politique internationale — et peu de notations sur les débats politiques internes. Cela ne fait que renforcer l'impression
de force et d'autonomie de l'exécutif américain.
Le Banquet,
n°15,
2000.
Domaine international -
thème États-Unis.
|