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Alain Finkielkraut, Le mécontemporain. Péguy, lecteur du monde moderne

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Le Banquet, n°15, 2000.
Domaine philosophie - thème littérature.

Gallimard, coll. «Folio», 1999, 243 pages.

   
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Réédition à signaler de cet ouvrage paru en 1991. Une réhabilitation de ce catholique dreyfusard et socialiste, «intempestif» et contemporain. De très belles et profondes formules, notamment celle-ci dans le chapitre très intéressant où l'auteur démonte l'opposition entre Péguy, d'un côté, Jaurès et surtout Lucien Herr, de l'autre: «Pour Péguy, être révolutionnaire, c'est frapper les ambitions prédictives de la pensée de la même inanité que les espérances religieuses» (p. 174). Ou encore celle-ci: «il professe un socialisme désenchanté ou plutôt il fait du désenchantement le motif premier du socialisme» (p. 198). Ouvrage admiratif certes, mais aussi livre critique: Finkielkraut sait trouver les mots justes et durs pour dénoncer ses aveuglements, ses emportements et ses égarements — à propos des attaques contre Jaurès en 1914: Péguy «a succombé à son tour […] à ce que Nietzsche, parlant de la fièvre nationaliste qui commençait alors d'embraser l'Europe, a appelé une “crise d'abêtissement”» (p. 207). Une critique acérée d'une certaine modernité qui a rompu avec la philosophie émancipatrice des Humanités.

Le Banquet, n°15, 2000.
Domaine philosophie - thème littérature.


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