Revue Le Banquet
retour page d'accueil
    
Présentation    Comité de rédaction    Commander / s'abonner    Soumettre un article    Contact    Aide
  Sommaires
Articles
Critiques
Auteurs
 
actualités
économie
ethnologie
histoire
international
littérature
philosophie
politique
religion
social

 
 
 

 

 

Adam Czerniaków, Carnets du ghetto de Varsovie. 6 septembre 1939 – 23 juillet 1942

  Consulter ce document
au format pdf

Le Banquet, n°18, 2003/1.
Domaine histoire - thème Shoah.

La Découverte/Poche, 2003, 285 + L pages.

   
Acheter ce livre
avec amazon.fr

Il était important que ces Carnets devinssent accessibles au format de poche. Il s'agit d'un document unique sur la vie et les souffrances au sein du plus vaste ghetto qui devait voir la quasi-totalité de ses habitants anéantis par les nazis. Czerniaków était le président du Conseil juif de Varsovie et, à ce titre, le chef du ghetto et le principal négociateur avec les forces d'occupation allemandes, celui qui à qui les demandes (ou plutôt les ordres) étaient adressées, celui qui ne pouvait les refuser, mais devait tenter chaque fois d'en minimiser les conséquences. Ni héros, ni collaborateur, homme sans aura mais finalement courageux, incapable de vraie révolte mais conscient du drame qui se jouait – et comment ne pas l'être alors que, chaque jour, la vie dans le ghetto devenait plus précaire et que, dès 1942, la politique de déportation devait commencer ‑, il devait tenir bon devant un pouvoir allemand de plus en plus sadique et « gérer » une population de près d'un demi million de personnes vivant dans des conditions atroces. Le 23 juillet 1942, devant la précision accrue des menaces de déportation, il se suicida – et ce suicide privé, sans insurrection publique, lui fut reproché par une partie de l'historiographie d'après-guerre. Chaque jour, il tint son journal et, à l'exception d'un, ces carnets nous sont parvenus et nous éclairent à la fois sur la politique allemande et celle des autorités juives du ghetto. Écrits souvent « au premier degré », ces carnets, qui sont riches aussi en petites choses insignifiantes de la vie de tous les jours nous conduisent au cœur de l'horreur, d'autant plus insoutenable qu'elle est présente partout, mais jamais dite. Une importante introduction de Raul Hilbert et Stanislaw Staron restitue la place de l'auteur des Carnets dans l'histoire du ghetto et rend justice à Czerniaków de ce qu'il a pu faire pour améliorer le sort des habitants du ghetto. Une intéressante postface de Jean-Charles Szurek, qui a annoté le texte et en est l'un des traducteurs, explique le retard dans la parution de ce document unique et revient sur le regard ambigu que la Pologne porte sur son passé et la complicité de certains Polonais dans les crimes antisémites.

Le Banquet, n°18, 2003/1.
Domaine histoire - thème Shoah.


872