Danièle Debordeaux et Pierre Strobel (coordonné par), Les solidarités familiales en questions. Entraide et transmission
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Le Banquet,
n°18,
2003/1.
Domaine social -
thème famille.
LGDJ, coll. « Droit et société », 2002, 267 pages.
Nul ne peut contester aujourd'hui, dans un contexte social marqué par la « désaffiliation » et la persistance de la grande
pauvreté, l'importance, parfois vitale sur le plan économique, sociologique et psychologique, des solidarités familiales.
En même temps, c'est devenu un lieu commun d'affirmer que les solidarités et les appartenances classiques se sont dénouées
en même temps que diminuait la taille de la « famille » et que se développaient des phénomènes de « recomposition » ‑ mais
aussi parfois de destruction. C'est à une riche exploration des solidarités au sein de la « parenté » élargie que s'emploie
cet ouvrage pluridisciplinaire, qui fait appel aux ressources de la sociologie, de l'économie, de l'anthropologie, de l'histoire
et du droit. Solidarité effective, mais aussi absence de solidarité. Les auteurs ne cachent pas que, souvent, ces solidarités
sont plus apparentes que réelles et qu'elles varient suivant les classes sociales ainsi que dans le temps et l'espace. On
peut même assister à des phénomènes de désolidarisation et de rejet. Enfin, la famille ne saurait être considérée comme un
isolat, mais prend place dans un système dont les référents principaux sont l'État et le marché. On ne peut traiter des solidarités
familiales concrètes, notamment lorsqu'elles sont régies par le droit (obligations alimentaires) ou par une forme de nécessité
irréfragable (assistance à une personne handicapée ou dépendante par exemple) sans apprécier leur inclusion dans des systèmes
de solidarité plus larges et, pour partie, « concurrentiels ». Cet ouvrage fécond se conclut par une contribution d'Agnès
Pitrou, qui fut l'une des pionnières de travaux en la matière, et qui dégage des perspectives de recherche intéressantes.
Elle rappelle notamment avec force que la sociabilité n'entretient pas des rapports immédiats et nécessaires avec la solidarité
et réintroduit la problématique de l'instabilité. La grande honnêteté intellectuelle des contributeurs de cet ouvrage, qui
les conduit à récuser toute approche idéologique – refus de faire fond sur l'image historiquement infondée de la « famille
traditionnelle » comme de l'éloge d'une « défamilialisation » libératrice ‑, devrait permettre au politique d'y voir plus
clair dans la réalité des solidarités au sein de la parenté et de leurs importantes limites – qui exclut la mise en place
d'une subsidiarité active en faveur de la famille.
Le Banquet,
n°18,
2003/1.
Domaine social -
thème famille.
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