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Mathieu Douérin, Libéralismes. La route de la servitude volontaire

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Le Banquet, n°18, 2003/1.
Domaine philosophie - thème politique.

Les Éditions de la Passion, 2002, 127 pages.

   
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Ce petit ouvrage, très bien documenté, présente les contradictions internes à certains discours libéraux ou plutôt néo-libéraux, leurs présupposés idéologiques, parfois implicites, et les réseaux de pouvoir par lesquels ils ont pu diffuser leur pensée et influencer la décision publique. En même temps, il montre l'hétérogénéité de cette école néo-libérale, même si la tendance de la plus grande pente – dont il aurait pu être dit avec plus de force qu'elle n'est pas une conséquence inéluctable de la pensée libérale – est celle de la dépolitisation, de la substitution du marché à la décision et de la tentation d'une légitimation idéologique du laisser-faire. Douérin ne peut que relever aussi que les solutions alternatives au marché n'ont pas vraiment trouvé encore leur place dans le débat public, au moins au sein d'une discussion « raisonnable ». S'il n'éprouve nulle difficulté à montrer les fondements métaphysiques sinon relevant de la pensée magique propres à certaines théories libérales, s'il pointe la tendance de certains courants à l'utopie – dont l'anarchie est une variante connue ‑, s'il lève les bras au ciel devant les délires de certains libertariens, il perçoit bien qu'il manque un élément à cette dénonciation intelligente qui tranche avec la littérature habituelle sur les « crimes » du néo-libéralisme et de la mondialisation (et cette faille est inhérente à la doctrine libérale elle-même) : comment penser le libéralisme avec l'État, le marché avec la justice, la concurrence avec la solidarité ? Il faudra un autre livre pour montrer qu'un libéralisme sensé est bien possible, surtout si, comme le confesse l'auteur, il risque bien d'être « indépassable ».

Le Banquet, n°18, 2003/1.
Domaine philosophie - thème politique.


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