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Eugen Drewermann, Milomaki ou l'esprit de la musique. Approche psychanalytique d'un mythe des Indiens Yahuna

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Le Banquet, n°18, 2003/1.
Domaine ethnologie - thème religion.

Seuil, 1997, 123 pages.

   
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Le théologien allemand, si contesté par l'Église, nous livre ici l'étude fascinante d'un mythe qui plonge ses racines dans l'histoire la plus ancienne. Elle repose sur des présupposés explicites qu'à partir d'exemples choisis l'auteur expose dès l'abord : l'analogie entre les symboles païens et chrétiens – même si leur interprétation et leur utilisation sont différentes ‑, l'utilité pour qui veut saisir l'essence du religieux d'interroger les cultures primitives, la nécessité de faire retour vers des mythes qui ne retracent pas une « époque de l'histoire humaine » pour saisir « les structures fondamentales de toute histoire humaine » (p. 21). Reprenant des leçons classiques lorsqu'il décrit la vie des indiens Tukano (ethnie à laquelle appartiennent les Yahuna), il explique l'absence de séparation entre le monde du profane et du sacré (p. 30), entre la nature et l'histoire, le passé et le présent (p. 31). Après avoir posé le cadre, Drewermann analyse le mythe de Milomaki – qui tient en une page et que nous laissons aux lecteurs le soin de découvrir – et qui offre de fortes similitudes avec celui de « la mort du Fils de Dieu qui devient bénédiction pour les hommes ». Cela amène logiquement le théologien à constater « l'universalité du psychisme humain, qui forme des représentations identiques dans des conditions culturelles et sociales totalement différentes » (p. 43). Amené sans doute à des excursions éloignées de son thème originel, il pose des thèses fortes – et naturellement discutables – qui sont au cœur de sa pensée, notamment sur la Révélation et « l'intériorité » de Dieu à l'homme, les limites de la distinction entre mythos et logos et l'origine du langage humain (« activité formatrice de symboles » plutôt que « utilisation intelligente de signes » (p. 47), ce qui minimise aussi la distinction entre langage et chant). Et revenant au mythe de Milomaki, il reprend et poursuit les analyses de Nietzsche sur le lien indestructible entre musique et douleur dans des analyses passionnantes. Il retrouve aussi dans le mythe indien d'autres analogies avec les mythes chrétiens : montée de l'âme au ciel, traitement de la question de la faute (liée à la mise à mort du héros divin), symbolisme de la résurrection et de rites eucharistiques en général, etc.

Le Banquet, n°18, 2003/1.
Domaine ethnologie - thème religion.


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