Marcel Gauchet (prés.), Philosophie des sciences historiques. Le moment romantique
|
|
 |
Le Banquet,
n°18,
2003/1.
Domaine philosophie -
thème histoire.
Seuil, coll. « Points histoire », 2002, 364 pages.
Précédés par une vigoureuse introduction de Gauchet intitulée « l'unification de la science historique », les textes présentés
ici figurent parmi ceux qui ont permis le mode moderne d'écriture de l'histoire tel que nous pouvons encore le pratiquer.
Certes, comme le rappelle Gauchet, il n'y a pas de surgissement de l'histoire dans les années 1820-1830, mais une combinaison
nouvelle d'éléments qui figuraient déjà dans l'histoire du siècle dernier. Ce sont les éléments de cette nouvelle naissance
qu'il s'agit de pister dans quelques textes canoniques, mais largement oubliés. Trois données nouvelles peuvent, selon Gauchet,
expliquer cette « coalescence » : une nouvelle pensée de la société comme co-productrice de l'histoire, un « renouvellement
du genre narratif », plus encore peut-être « un schème unificateur d'origine politique : la Nation » auquel Gauchet consacre
un paragraphe décisif (pp. 17-18). Les textes présentés (Augustin Thierry, Barante, Mignet, Guizot, Cousin, Michelet, Quinet)
sont organisés autour de six rubriques rigoureusement fondées dans la préface : la nation, la révolution, la civilisation,
le récit, la philosophie et la personne (et là il faut entendre la personnification de la France par Michelet). Comme l'écrit
Gauchet, « la ressaisie du passé dans sa texture vivante est un idéal régulateur, pour [l'histoire-science], en ce qu'elle
représente la conciliation des deux impératifs contradictoires entre lesquels évolue le travail de l'historien : reconstituer
le passé pour lui-même, dans son objectivité […], et le reconstituer de telle manière, pourtant, qu'il nous parler, que nous
y reconnaissions quelque chose de nous » (p. 37).
Le Banquet,
n°18,
2003/1.
Domaine philosophie -
thème histoire.
|