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Nikola Kovaè, Le Roman politique. Fictions du totalitarisme

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Le Banquet, n°18, 2003/1.
Domaine politique - thème littérature.

Éditions Michalon, 2002, 230 pages.

   
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Professeur de littérature à l'Université de Sarajevo et ancien ambassadeur de Bosnie en France, l'auteur entreprend ici de conférer une unité à un genre littéraire spécifique, le roman politique, né au XXe siècle à l'heure des totalitarismes réalisés ou annoncés (Kafka). Comme l'explique Kovaè, il faut distinguer le roman politique du roman social, du roman à thèse, du roman d'idées (pp. 89 sq.) et son genre ne relève pas de la littérature engagée. Il se caractérise aussi par son refus de proposer une morale, d'expliquer une idéologie et de rendre compte d'une histoire. Curieusement, le roman politique se déploie souvent dans la sphère de l'intime et ce qui le désigne est l'atmosphère de fatalité et d'impuissance devant l'histoire et les institutions. « Le roman traditionnel est donc l'épanouissement de l'esprit de combat et de l'espoir, alors que le roman politique se replie sur lui-même et, dans son espace intérieur, creuse un abîme tragique où se noient les illusions de ses protagonistes » (p. 199). On pourra percevoir là l'un des ressorts de la tragédie précisément dont les ficelles passent des mains des dieux à celles de quelques hommes. Bien sûr, l'auteur mesure la diversité des cas qu'il traite : de Kafka à Kadaré, d'Andric à Grossman, de Rybakov à Soljenitsyne, les écritures et les situations sont souvent peu comparables et l'auteur est obligé de signaler qu'il existe des livres pour ainsi dire à la lisière de sa catégorie. En même temps, sans être idéologique, le roman politique dénonce par principe l'idéologie qui mine la conscience et détruit l'homme. Un court essai sur Le cannibalisme idéologique complète ce recueil de conférences prononcées par l'un des témoins engagés de l'une des dernières entreprises criminelles du siècle passé.

Le Banquet, n°18, 2003/1.
Domaine politique - thème littérature.


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