Marina Yaguello (dir.), Le grand livre de la langue française
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Le Banquet,
n°18,
2003/1.
Domaine littérature -
thème histoire.
Seuil, 2003, 564 pages.
Cet ouvrage pluridisciplinaire, à la fois scientifique et d'un accès aisé, passionnera tous ceux qui s'intéressent à notre
langue. Un premier chapitre retrace l'histoire de la langue française depuis ses premières années, à la fin du règne de Charlemagne,
jusqu'à nos jours. Il montre selon quels processus notre langue s'est transformée – les mots, l'orthographe, la prononciation
et la construction – jusqu'à ce que l'auteur appelle le « développement de formes normées idéologiquement » (p. 81) (le langage
politiquement correct). Un deuxième chapitre montre les variations du français dans l'espace, au sein de l'Hexagone et dans
l'espace international.. Le troisième, peut-être le plus difficile de l'ouvrage, traite de la grammaire. On signalera particulièrement
la section consacrée à la « grammaire du texte » (p. 239 sq.) qui montre bien comment se constitue l'unité d'un texte et les règles qui président à celle-ci. Le quatrième chapitre traite
des « sons du français », étude qui relève autant de la phonologie – qui étudie notamment comment « chaque langue organise
sa propre sélection parmi les sons linguistiques possibles, quelles combinaisons de sons elle autorise pour former ses mots
et quelles interactions peuvent se produire entre les sons ainsi constitués » (p. 259) – que de la phonétique. Le cinquième
chapitre évoque la question de la langue parlée et en montre la diversité suivant non seulement les locuteurs, mais aussi
les situations. Un sixième chapitre examine la question, toujours passionnelle, de l'orthographe. De manière fine, l'auteur
montre que « l'orthographe gagne toujours contre l'histoire » (p. 368) et s'intéresse à la « gestion de homonymies ». Un point
utile (et neutre) est également fait sur la réforme de l'orthographe. Le septième chapitre, très riche, examine la constitution
du lexique et se termine par une évocation des tabous linguistiques et de l'argot. Un huitième chapitre traite de l'évolution
des dictionnaires, livre de tout le monde, chargé lui aussi d'histoire et d'idéologie. Enfin, le dernier chapitre est consacré
à l'enseignement du français, dont l'auteur montre bien tous les enjeux et les errements. Sans s'attacher à la question de
la méthode, il montre qu'en réalité il n'existe pas véritablement de « politique orthographique à l'école » (p. 528). On l'aura
compris : il s'agit d'un ouvrage très réussi, qui appelle mille réflexions non tant que la conservation muséologique de notre
langue que sur sa compréhension et la communication que son usage permet.
Le Banquet,
n°18,
2003/1.
Domaine littérature -
thème histoire.
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