Volker Skierka, Fidel Castro « El Comandante »
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Le Banquet,
n°21,
2004/2.
Domaine politique -
thème Cuba.
Éd. Alvik, 2004, 544 pages.
Décidément, mais comment l'éviter, plus la fin de Castro approche, plus s'accumulent les ouvrages qui tentent de cerner sa
personnalité. Ancien correspondant de la Süddeutsche Zeitung en Amérique latine, puis ayant effectué divers reportages pour Die Zeit et Berliner Deutschland, Volker Skierka dresse un tableau riche et documenté, qui reste toujours vivant, du chef de l'État cubain dont son ami de
longue date, Gabriel Garcia Marquez, a fort bien saisi les traits : « N'en doutez pas, Fidel Castro est là pour gagner : il
refuse la défaite et ne trouve aucun repos avant d'avoir retourné la situation en sa faveur ». « Il est l'un des plus grands
idéalistes de notre temps, et peut-être est-ce là sa principale vertu, en même temps que le pire danger qui le guette ». C'est
donc un portrait largement psychologique et social que dresse le journaliste allemand en allant revisiter son enfance chez
les Jésuites, ses liens de jeunesse avec les bandes rivales, sa jeunesse révolutionnaire. Récit documenté, ample, servi par
des notices abondantes, mais jamais fastidieuses. Il serre la réalité de près, comme celui de l'épisode « Fin de Fidel » lorsque
Batista lance, le 20 mai 1958, 10 000 soldats contre les 321 hommes insuffisamment armés dont dispose Castro. Opération qui
se termina... par l'entrée des barbudos à La Havane le 2 janvier 1959. Les chapitres aux noms évocateurs se succèdent : le jeune vainqueur, vieux ennemis, nouveaux
amis, la longue marche du Che, bonnes et mauvaises années, seul contre tous, l'éternel révolutionnaire. En définitive, le
personnage qui correspond le mieux à Fidel et qui est son véritable héros littéraire est bien Don Quichotte. « Si je devais
recommencer, j'emprunterais le même chemin révolutionnaire. Je ne peux pas être totalement satisfait de ce que j'ai accompli.
J'aurai toujours le sentiment que j'aurais pu mieux faire ». La différence est que, contrairement à son héros, le Commandante ne se battait pas contre les moulins à vent, mais comme Catherine II le rétorquait à Diderot, lui aussi travaillait sur la
peau de son peuple et non sur le parchemin des philosophes.
Le Banquet,
n°21,
2004/2.
Domaine politique -
thème Cuba.
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