Jacques Fontan, Les pollutions de l'air, Les connaître pour les combattre
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Le Banquet,
n°22,
2005/1.
Domaine politique -
thème environnement.
Vuibert, 2004, 212 pages.
La terre est entourée d'une enveloppe gazeuse, l'air, composée de trois ceintures la troposphère, la stratosphère et la mésosphère,
du sol jusqu'à 80 km d'altitude. Or, l'air que nous respirons dans la troposphère est pollué que ce soit à l'échelle locale,
régionale ou planétaire ; il est impossible d'échapper à ces nuisances dans les agglomérations, à la campagne, dans les locaux
professionnels et même dans nos maisons. Cette pollution généralisée a pour origine le rejet dans l'atmosphère de composés
gazeux et de particules d'origine naturelle ou anthropique : ce sont les polluants primaires qui produisent à leur tour des
polluants secondaires souvent très agressifs.
La destruction de la couche d'ozone qui nous protège du rayonnement ultraviolet a déclenché une alarme médiatique internationale,
d'autant plus que ce gaz était considéré comme un produit miracle, utilisé dans le traitement des eaux usées, l'assainissement
de l'eau potable, l'élimination des matières organiques, des odeurs et l'industrie du papier. Une meilleure connaissance de
la chimie stratosphérique a permis d'identifier les substances responsables de la dégradation de l'ozone atmosphérique : ce
sont les chlorofluorocarbones ou CFCs. Ainsi par grandes vagues catastrophistes ont été dénoncés l'ozone, les pluies acides,
l'augmentation des gaz à effet de serre avec les risques sur le changement climatique. Dénoncer, comprendre, agir, les efforts
déployés pour remédier aux pollutions sont loin d'être négligeables : dorénavant l'essence est sans plomb, les rejets industriels
sont limités, les dioxines émises par les incinérateurs sont dénoncées. Nous sommes dans l'ère du développement durable et
du principe de précaution. C'est au sommet de la terre à Rio de Janeiro (1992) que cette préservation de l'environnement pour
les générations futures a été proclamée ; la convention sur les changements climatiques est entrée en vigueur en 1995 et,
en complément, la conférence de Kyoto (1997) a fixé des objectifs précis : réduire les émissions polluantes pour 2010. Certains
gaz ont été sélectionnés : le gaz carbonique, le méthane, le protoxyde d'azote, les hydrofluorocarbones (HFCs), les perfluorocarbones
(PFCs) et l'hexaflorure de soufre (SF6). Malgré des directives et des normes contraignantes, le protocole de Kyoto n'est pas
facile à appliquer. Les États-Unis ne veulent pas changer leur mode de consommation et les pays en voie de développement aspirent
à un légitime essor économique qui s'accompagne souvent d'une pollution mal maîtrisée.
De plus la fragilité de la planète est rappelée à chaque catastrophe industrielle comme Bhopal, Seveso, Tchernobyl, Toulouse
qui frappent les êtres vivants et bouleversent la chaîne alimentaire. Si la connaissance de la chimie atmosphérique progresse,
nous commençons tout juste à appréhender les conséquences de la pollution sur la santé humaine, en particulier pour les personnes
les plus fragiles comme les enfants, les personnes âgées, les insuffisants respiratoires et cardio-vasculaires. Les risques
sont évidents sur les voies respiratoires, la peau, les muqueuses et une augmentation possible des allergies graves et des
cancers est envisagée. Ainsi, la définition de la santé donnée par l'OMS comme « un état de complet bien-être physique, mental
et social et (qui) ne consiste pas seulement en une absence de maladie » devient un droit.
Jacques Fontan, professeur à l'Université Paul Sabatier de Toulouse, livre dans cette deuxième édition de son ouvrage, augmentée
et actualisée, un bilan scientifique complet sans tomber dans l'alarmisme. Il propose des solutions pour ralentir et maîtriser
la pollution de l'air. Les connaissances scientifiques doivent évoluer et les grands organismes comme le CNRS, l'INSERM et
l'INRA ont à coordonner leurs recherches. Ensuite, l'application des recommandations est affaire de volonté politique à chaque
échelon administratif.
Le Banquet,
n°22,
2005/1.
Domaine politique -
thème environnement.
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