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Jacques Pohier, La mort opportune, Les droits des vivants sur la fin de leur vie

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Le Banquet, n°22, 2005/1.
Domaine politique - thème médecine.

Le Seuil, Points Essais, 2004, 334 pages.

   
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L'euthanasie et le suicide assisté sont des sujets qui dérangent et font l'objet de nombreux débats auxquels participent médecins, citoyens, éthiciens, juristes, religieux ou athées et militants associatifs. Le consensus semble impossible. La mort a changé au fil des siècles : autrefois, les épidémies et les famines fauchaient des êtres jeunes et ces disparitions prématurées étaient une malédiction. Maintenant, la durée de vie s'allonge et beaucoup de personnes âgées sont marquées par la maladie, les souffrances, la sénescence et la dépendance ; leur mort est une délivrance. Comment atteindre le port, à un moment jugé « opportun » par la personne considérée ?

Même si le vieillissement est une étape aussi naturelle que les autres âges de la vie, chacun s'interroge. Un individu âgé, encore en bonne santé et en possession de ses facultés intellectuelles, peut décider de ne pas prolonger son existence par peur d'une dégradation qu'il juge indigne. Tel autre atteint d'une maladie incurable peut souhaiter abréger ses souffrances en évitant un acharnement thérapeutique. S'il a exprimé sa volonté par anticipation et ne peut plus l'exprimer, faut-il la respecter ? Comment négocier une fin de vie qui est toujours un cas particulier et une situation complexe ? Le médecin doit soigner et a-t-il le droit d'aider à mourir celui qu'il ne peut plus soulager ? Chaque situation est affaire de conscience individuelle ou collective au sein d'une équipe de soignants. Dans notre pays, les mentalités et les pratiques évoluent lentement. Progressivement, les malades ont des droits : l'accès aux soins palliatifs et la possibilité de demander l'arrêt des protocoles de soins. Mais beaucoup de médecins considèrent que l'euthanasie doit demeurer une transgression.

L'auteur est un ancien dominicain et théologien, en rupture avec sa hiérarchie, mais pas avec Dieu. Il est surtout devenu un responsable de l'ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité) et de la Fédération mondiale des Right-to-die rights Societies. Son approche religieuse, sa franchise qui le pousse à relater son aide (avec mode d'emploi à l'appui) dans le cas de plusieurs suicides assistés sont courageuses, mais faut-il pour autant de féliciter de sa sérénité et de ses certitudes ? Aider à mourir n'est semble-t-il évident que pour les membres de l'ADMD.

Le Banquet, n°22, 2005/1.
Domaine politique - thème médecine.


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