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Henri Froment-Meurice, Journal d'Asie. Chine-Inde-Indochine-Japon 1969-1975

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Le Banquet, n°23, 2006/1.
Domaine histoire - thème Asie.

L'Harmattan, 2005, 488 pages

   
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Henri Froment-Meurice, entré au Quai d'Orsay à sa sortie de l'ENA en 1950, appartient à cette race particulière des « grands ambassadeurs » qui ont côtoyé l'histoire et qui l'ont relatée au jour le jour dans leurs journaux, lettres ou divers écrits. Une habitude qui se perd, s'effiloche au rythme du courrier électronique, de l'immédiat et des médias triomphants. C'est dommage, mais il en est désormais ainsi. Contentons-nous de le lire, page par page, et de suivre un esprit pénétrant, analysant les convulsions du monde, marquées par l'équipée vietnamienne de la fin des années 1960 jusqu'à l'année 1975 qui a vu le retrait précipité des Gi's de Saigon ! L'historien, comme l'observateur, trouvera mille et une annotations originales dans des pages écrites de manière brève, parfois drôles même, comme ce dialogue à la Ionesco qu'il révèle entre Mao et Pompidou en septembre 1973. Défilent les grands noms de la diplomatie mondiale : Mao, Zhou En Laï, Ho Chi Minh, Nixon, Kissinger, Brandt, comme de certains jeunes agents du Quai qui auront le plaisir d'avoir été ainsi associés à la grande histoire. Mais ce qui frappe, c'est le jugement sur les hommes que nous livre l'ambassadeur de France. Il donne un coup de patte à Peyrefitte, trouvant « naïf » son best-seller sur la Chine… Il s'interroge sur le tropisme asiatique de certains de ses ministres ; il révèle les dessous des négociations de paix sur l'Indochine qui se sont conclues par les accords de Paris de janvier 1973. C'est bref, pas d'effets de style, de componction. Des portraits ciselés, des remarques qui fusent, on ne s'ennuie jamais. Je livre un passage, presque au hasard, page 475 : « La mort de Mao suscite un torrent de dithyrambes. Tous les grands complices du maoïsme à la française y vont de leur couplet : Couve, Peyrefitte, Debré, Lipkowski, Jobert, Edgar Faure, et naturellement Manac'h (ambassadeur à Pékin). Le courant gaulliste bien connu, ceux qui ne veulent voir en Mao que le grand héros de l'indépendance chinoise, le nationaliste, le restaurateur de l'unité, le communiste national, donne de la voix à qui mieux mieux. N'oublions pas la leçon de Mao : ne compter que sur ses propres forces. Pas un mot sur les purges, les prisons, les éliminations physiques, les persécutions religieuses, les déportations, la répression des nationalités, les lavages de cerveau, les recyclages pour intellectuels ».

Le Banquet, n°23, 2006/1.
Domaine histoire - thème Asie.


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