Hélène Gispert (dir.), L'école et ses contenus, Recherches historiques sur le XIXe et le XXe
siècles
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Le Banquet,
n°23,
2006/1.
Domaine histoire -
thème école.
L'Harmattan, 2004, 164 pages
S'il suffisait de rebaptiser les élèves en « apprenants » pour qu'ils soient actifs dans leurs têtes, les nouvelles méthodes
auraient prouvé leur efficacité. Or, les réformes se succèdent, contraignant les enseignants à une adaptation permanente et,
malgré leurs efforts, les résultats ne sont pas toujours au rendez-vous. Les recherches historiques sur l'école rappellent
l'évolution du système scolaire et orientent la réflexion sur les enjeux de la formation des enfants. Les travaux présentés
ici sont soutenus par l'IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres) de Versailles en collaboration avec l'INRP
(Institut national de la recherche pédagogique) et l'Université de Paris-Sud 11 (Orsay).
Au XIXe siècle, les sciences expérimentales (physiques et naturelles) sont jugées utiles dans le primaire, dans la mesure où l'enseignement
est adapté aux enfants de la campagne, futurs travailleurs de la terre ou aux enfants des villes, futurs ouvriers de l'industrie.
La volonté affichée est de maintenir les enfants dans la condition modeste de leurs parents. La France est essentiellement
rurale et il faut éviter l'exode des populations rurales vers les villes. Tout concourt à développer l'enseignement agricole.
De la même façon, dans les écoles normales primaires, on doit former des maîtres d'écoles de villages aux connaissances solides
et utiles pour les futurs hommes de laborieuse condition. L'enseignement primaire est résolument orienté vers la vie professionnelle
en conservant chacun dans sa classe sociale d'origine.
En 1960, lorsque la scolarité est prolongée jusqu'à 16 ans, c'est la massification de l'enseignement et les connaissances
doivent former l'esprit. Leur application pratique est repoussée dans le temps. Dans ce contexte, une commission d'experts
décide de réformer les mathématiques et une discussion s'engage pour savoir s'il faut rénover progressivement ou brutalement.
Le sujet est d'importance, mais pourquoi l'auteur de la contribution met-elle l'accent sur le suicide d'un instituteur de
la Somme (1972) qui n'aurait pu s'adapter à l'enseignement des mathématiques modernes à l'école élémentaire ? N'aurait-il
pas été plus judicieux de montrer les avantages et les inconvénients de ce remaniement disciplinaire ?
Concernant la diffusion des connaissances, par exemple en physique, il est montré combien un thème comme la nature de la lumière
a été difficile à faire passer dans les programmes entre 1800 et 1960. En effet, ce n'est qu'après 1950, que l'onde électromagnétique
n'est plus considérée comme un phénomène vibratoire se déplaçant dans l'éther ! Le problème du décalage temporel entre les
résultats de la recherche scientifique et la vulgarisation des connaissances est toujours un sujet d'actualité. L'ouvrage
poursuit sa présentation quelque peu fourre-tout par un très bon article sur l'histoire de la gymnastique de 1945 à 1985.
Alors qu'il devient difficile de saisir le fil conducteur de « L'école et ses contenus », les dernières contributions quelque
peu redondantes portent sur les deux éditions (1887 et 1911) du célèbre Dictionnaire de pédagogie dirigé par Ferdinand Buisson (1841-1932).
Nous sommes toujours frappés par le côté hétéroclite des travaux publiés par les IUFM et l'INRP. Ces matériaux destinés à
accompagner les enseignants sont souvent peu utilisables en raison de méthodologies floues. Il est dommage que la richesse
des initiatives soit tellement diluée par l'abondance de documents d'un intérêt discutable. Les acteurs de l'école et les
futurs enseignants vont-ils tirer profit de cette mosaïque d'études ?
Le Banquet,
n°23,
2006/1.
Domaine histoire -
thème école.
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