L’opinion entre Europe rêvée et Europe réelle

L’opinion entre Europe rêvée et Europe réelle

Stéphane Rozès

L’observateur des données d’opinion en matière européenne peut être frappé dès l’abord par l’apparente fluidité des perceptions et rapports que nouent nos compatriotes avec l’Europe. Alors que la construction européenne a instauré un nouveau clivage depuis les années 1980 qui traverse la gauche et la droite, et que les trois derniers Présidents de la République en ont fait les balises et les tuteurs de leur politique économique tout en affectant d’en maîtriser son cours, les évolutions de l’opinion semblent connaître des mouvements erratiques.
A ne prendre que le comportement électoral et d’opinion à l’égard du traité de Maastricht, celui-ci aura oscillé de 61% d’intentions de vote positives lorsque le référendum n’était qu’une hypothèse, à un peu moins de 51% lors de son résultat ; en passant à 49% dans les sondages (si le référendum était à refaire) un mois après ; enfin à 53% en mars 1996 à la veille de la conférence intergouvernementale de Turin.
Cette alternative, apparemment simple, proposée par voie référendaire et d’enquête par sondage, agrège en fait des dimensions différentes. L’opinion se construit sur les questions européennes selon des déterminations à la fois de politique nationale et de perceptions extérieures, d’expériences personnelles et de visions collectives, d’intérêts économiques et d’attitudes politiques, de constats et d’attentes à l’égard d’un objet sur lequel le citoyen a peu de prise.
Le caractère apparemment insaisissable des comportements des Français provient de ce que l’Europe suscite chez les mêmes individus à la fois de fortes critiques et attentes. Tels ces héros romantiques qui cristallisent d’autant plus les désirs qu’ils conservent leurs mystères et se nourrissent des banalités et frustrations quotidiennes, l’Europe, dans un contexte d’approfondissement de la crise sociale, est toujours parée, pour des citoyens avides de perspectives, de promesses sans cesse réitérées.
La relative stabilité du sentiment pro-européen de l’opinion — deux Français sur trois se « sentent citoyens européens » — nourrie par le désir de paix et de prospérité, ne peut cependant cacher son caractère de plus en plus éthéré et l’accumulation des déceptions. Jamais la tension entre l’Europe désirée et l’Europe réelle, entre critiques et attentes, n’aura été aussi forte qu’actuellement. Cela résulte de brouillages successifs dans les perceptions qui rendent l’avenir européen particulièrement incertain. La construction européenne réduite à un grand marché ouvert accroît le risque de développement de xénophobie et de nationalisme. Le paradigme selon lequel l’uniformisation d’un marché économique crée une conscience commune, s’il rencontre la vulgate libérale et social-démocrate, se révèle chaque jour plus erroné.

La panne du moteur franco-allemand

Dans le sillage de la libération des peuples de l’Est du stalinisme et de la chute du Mur de Berlin, la réunification allemande fut non seulement applaudie mais désirée par nos compatriotes. Ils ne firent pas preuve de la même tiédeur que certains de nos gouvernants de l’époque. L’opinion y a vu la « volonté des Allemands de l’Est et de l’Ouest qu’il faut accepter ». Ce moment marque, cependant, un premier brouillage dans les perceptions de nos compatriotes sur les grands enjeux de politique extérieure.
D’une part, sur le plan international, la fin du partage de Yalta complexifie les perceptions. Jusque là, la représentation du monde était binaire. Le clivage Est/Ouest permettait facilement d’identifier l’ennemi principal soviétique. Il s’est même durci durant la fin des années 1970 sur le continent à propos des missiles Pershing et S.S. 20. L’existence du concurrent américain nécessitait par ailleurs de faire exister géostratégiquement l’Europe. Ces deux représentations renforçaient pour l’opinion et les dirigeants la nécessité de la constitution d’une Europe politique. Or, la fin du conflit Est/Ouest émousse les représentations en termes de blocs.
D’autre part, sur le plan européen, la réunification allemande a fait voler en éclat dans l’opinion le paradigme sécurisant selon lequel l’Europe reposait sur une complémentarité franco-allemande associant notre prépondérance politique à la suprématie économique germanique. Dès la réunification, nos compatriotes, qui considèrent toujours l’Allemagne comme notre meilleure amie, estiment que le processus en cours « va rendre plus difficile l’union politique de l’Europe » et « affaiblir la position de la France en Europe ». L’Allemagne, perçue comme notre principal concurrent économique à partir de 1989, devant les États-Unis, est dorénavant jugée « plus puissante politiquement » que la France, jugement par ailleurs partagé par nos voisins. Deux Français sur trois estiment probable que l’Allemagne va dominer la Communauté européenne ; mais cette analyse n’est pas partagée par nos voisins.
Ce réaménagement de la perception du couple franco-allemand a renforcé les inquiétudes de nos compatriotes sur la perspective du grand marché unique de 1993. On se souvient que, conscient de l’inquiétude de l’opinion devant la sur-puissance économique de l’Allemagne, François Mitterrand avait développé l’idée que nous pourrions profiter de la période transitoire d’absorption de la sous-productivité est-allemande par l’Allemagne de l’Ouest pour renforcer les positions concurrentielles françaises. En fait, le sentiment alla croissant dans l’opinion d’une sujétion de notre pays sur le plan économique. Loin de s’épauler, nos deux pays apparaissaient comme concurrents politiquement et économiquement. Cette perception devait nourrir à la fois les préventions de nos compatriotes au moment où se mettait en place le traité de Maastricht sur le socle de la construction européenne mais aussi renforcer la nécessité de préserver le lien franco-allemand afin d’en tempérer la sujétion.

La crainte sociale

La question européenne au travers du « moment Maastricht » aura été la première rupture entre ce que beaucoup ont appelé — dangereusement — le « peuple » et les « élites ». Ces dernières, persuadées que « la raison », « l’intelligence » et la « confiance en soi » étaient incarnées par le parti du « oui », mesurèrent les préventions de nos compatriotes à l’égard de la construction européenne. Évaluée dans les premières études d’opinion, l’attitude à l’égard du traité de Maastricht avant le « non » danois et la décision de F. Mitterrand de poser la question sur le traité par voie référendaire, mesurait au total ce que le Président avait décidé de présenter comme la réponse à la question : « Etes vous pour ou contre l’Europe ? » La réponse fut fortement positive. Mais la campagne déplaça le débat peu à peu sur le contenu et les modalités de sa construction. Ainsi en cours de campagne, deux Français sur trois estimèrent que l’on pouvait voter « non » et être favorable à la construction européenne.
Un second enjeu fut celui de l’identité de la France et de ses valeurs. La construction fédérale n’est souhaitée que par le tiers des Français. Par ailleurs, une majorité estimait que la construction de l’Europe ne représentait pas une menace en matière d’identité de la France et de perpétuation de ses valeurs. L’électorat du « non » a, lui, cependant plus redouté cette menace.
Mais la décision ultime se fit selon l’arbitrage entre la « paix » et le « pain ». La raison invoquée en premier de pouvoir voter pour le « oui » fut la volonté de préserver « la paix en Europe » et la première invoquée pour voter « non » fut la crainte des effets du traité sur la situation économique en France. Les sondés et les électeurs se déterminèrent au total plus par leurs propres expériences sociales ou projections sur l’Europe qu’en fonction de leur tropisme politique.
Dans un pays qui depuis les premiers plans Delors de rigueur de 1982-1983 a vu se superposer au clivage entre la gauche et la droite le clivage entre une politique économique de « désinflation compétitive », adossée à la construction européenne, et « l’autre politique » tentant de s’en dégager, le référendum a laissé s’exprimer les attitudes hors de toute détermination politique dans la mesure où, au sein même de l’U.D.F. et du R.P.R. et parmi les socialistes, s’exprimaient des voix anti-maastrichtiennes.
Le premier enjeu en matière de représentation économique et sociale fut de dresser le bilan de la construction européenne pour notre pays. Une majorité de nos compatriotes a estimé que la France a « peu ou pas du tout bénéficié de son appartenance à la Communauté européenne ». Seuls les jeunes, les cadres, les employés, les diplômés du supérieur et les socialistes pensèrent le contraire. En dépit de cela, pour l’avenir, l’opinion pensa majoritairement que la France allait plutôt gagner à la construction européenne. Ils estimèrent qu’eux-mêmes n’allaient ni y gagner, ni y perdre. Les agriculteurs et les ouvriers pensèrent, quant à eux, qu’ils allaient y perdre. Au total, deux Français sur trois estimèrent qu’il fallait à l’avenir « défendre les intérêts de la France dans la Communauté européenne » avant de « faire avancer la construction de l’Europe » alors que les avis étaient partagés en 1984.
La photographie de la France du « oui » et de celle du « non » reflète la situation socioprofessionnelle des électeurs et leur expérience empirique de la construction européenne. Les catégories sociales qui ont été les plus touchées par les effets de la modernisation économique et des restructurations sur le plan européen induites par la mondialisation comme les actifs du privé, les ouvriers, les artisans, les commerçants et les petits patrons, votèrent majoritairement « non ». Les catégories plus à l’abri de la concurrence ou en situation de mieux y faire face comme les jeunes, les salariés du public, les cadres, les diplômés du supérieur, les revenus mensuels supérieurs à 10 000 francs se laissèrent porter par l’idéal européen de construction commune et d’ouverture aux autres.
Les élections européennes de 1994, réintroduisant le clivage entre la gauche et la droite propre à la politique intérieure, sont venues confirmer les tendances eurosceptiques apparues lors du référendum sur Maastricht. Contrairement aux élections européennes de 1989, la construction européenne est devenue un enjeu de politique intérieure qui s’est caractérisé par la constitution dans l’offre politique de forces favorables ou hostiles à la construction européenne (chevènementistes, tapistes, villiéristes) et, d’autre part, dans une conjoncture économique et sociale dégradée(11,5% de taux de chômage dans l’Union soit près de 3% en plus en cinq ans), par l’expression politique de l’opposition croissante de nos concitoyens à la construction européenne.
Cette défiance croissante recoupe les attitudes des autres opinions publiques européennes. Si l’on agrège celles-ci, on constate qu’en 1990 près de deux Européens sur trois estiment que leur pays a bénéficié de la construction européenne, mais qu’ils ne sont qu’un sur deux à partager cet avis en 1994. Le recul est particulièrement sensible en Allemagne et en France (moins 19% et moins 18%). Dans les pays où a eu lieu un débat de politique intérieure, la France, l’Irlande et la Grande Bretagne, une forte minorité indique qu’elle a voulu exprimer au cours de cette élection son hostilité « à la politique menée par l’Union européenne » elle-même.
Dans la lancée de la campagne référendaire et dopée par son résultat, une offre politique nouvelle anti-Maastricht aura émergé à gauche (Chevènement) et à droite (Villiers) et fait que la France sera le seul pays dans lequel les listes anti-Maastricht rassembleront un tel pourcentage de suffrages (39%). Dorénavant, la moitié de nos compatriotes estiment que notre pays n’a pas bénéficié de son appartenance à la Communauté européenne et qu’ils « font partie de ceux qui craignent les conséquences de la construction européenne ». Pour la première fois, une majorité absolue de nos compatriotes se disent « plutôt favorables au protectionnisme ». Les socialistes, écologistes et tapistes craignent moins les conséquences de la construction européenne et sont « libre-échangistes ». Les électeurs villiéristes, d’extrême droite, communistes et chevènementistes sont pessimistes et protectionnistes et l’électorat U.D.F.-R.P.R. est partagé. Le clivage social continue à perdurer, les ouvriers et, encore plus, les chômeurs ont ainsi voté majoritairement pour une liste hostile à la construction européenne.
Alors que le traité de Maastricht et la marche vers la monnaie unique devaient être synonyme à la fois de prospérité et de paix, on constate l’amplification des inquiétudes économiques et sociales qui s’exprimeront d’autant plus facilement par une remise en cause de l’Union que l’Europe ne semble pas faire pour nos concitoyens la preuve d’une quelconque volonté ou capacité politique de parler d’une même voix et de peser sur les événements du continent.

La carence politique

C’est sur le terrain de la préservation de la paix sur le continent, là où l’Union semblait avoir le plus d’atouts, que nos compatriotes vont au travers de la guerre dans l’ex-Yougoslavie faire la douloureuse expérience de l’inexistence politique de l’Europe. Le drame dans l’ex-Yougoslavie, qui s’est noué au moment de la négociation du Traité de Maastricht, et dans lequel l’Union et singulièrement l’Allemagne et la France portent une responsabilité indirecte, va laisser dans l’opinion française des traces importantes.
Fin 1995, les Français font d’abord confiance aux « forces armées de l’O.T.A.N. », aux « Nations Unies » et à leur « gouvernement » devant « l’Union européenne » pour « résoudre les conflits dans l’ex-Yougoslavie ». Deux Français sur trois estiment « probable l’émergence de nouveaux conflits sur le continent européen dans les années qui viennent ». Et, pour « prévenir les conflits sur le continent européen », les Français font d’abord confiance aux « organisations humanitaires » devant « les forces armées de l’O.T.A.N. », « l’Union européenne » n’arrivant qu’en troisième position.
L’incurie politique de l’Europe n’aide pas à la conscience d’une communauté de destin avec nos voisins d’outre-Rhin, déjà émoussée par la disparition du « péril soviétique ». Alors que près de deux Français sur trois se disent « prêts à combattre si une agression était commise contre la France », seul un de nos compatriotes sur trois le ferait « en cas d’agression contre l’Allemagne ».
Il résulte de cette carence politique de l’Union le maintien depuis quatre ans d’une demande majoritaire de l’opinion d’accélération de son unification politique. Les perceptions sur l’état de la construction politique de l’Union font évoluer différemment les attentes de nos compatriotes ces dernières années. En quatre ans, les artisans, commerçants et petits patrons sont dorénavant favorables à un ralentissement de la construction politique de l’Europe alors que les ouvriers sont légèrement plus favorables à son accélération. Politiquement, si les socialistes sont favorables à l’accélération, la droite est partagée, les communistes et le Front National y sont hostiles. De façon générale, la demande de plus de construction politique d’Europe est plus forte chez nos compatriotes que chez nos voisins.
De la même façon que l’opinion demande en France un Président « fort » pour faire face aux défis nombreux dans l’Hexagone, le maintien de la demande de construction européenne s’explique par une aspiration à une plus grande efficacité dans les décisions européennes. Ainsi, une majorité souhaite que les « principales décisions concernant l’Union européenne soient prises à la majorité et non plus à l’unanimité ». Néanmoins, dans le même temps, nos concitoyens indiquent que « tous les pays devaient agir de concert, même si cela devait ralentir le processus d’unification ».

Des demandes de régulations sociales et d’une maîtrise nationale

Ces demandes politiques apparemment contradictoires rendent compte des tensions entre un cadre européen que l’on estime nécessaire et un contenu actuel que l’on voudrait infléchir. Cette tension explique les oscillations entre demande d’accélération de la construction européenne et demande de répit. Lors des élections européennes, deux Français sur trois, y compris l’électorat du « oui », souhaitait la renégociation du traité de Maastricht. En 1996, en l’absence de toute alternative et d’incarnation politique à la construction maastrichtienne, une majorité de nos concitoyens, s’il fallait revoter au référendum de Maastricht, revoterait « oui » à 53 %.
Devant le sentiment que dorénavant le pouvoir a tendance à passer de leurs élus aux marchés, de la sphère nationale à Bruxelles, nos concitoyens se situent dorénavant au-delà de la problématique « fédéralisme/rupture avec Maastricht » pour demander un infléchissement du type de construction politique et d’organisation économique et sociale. Sur le plan économique, les Français souhaitent « une relance de la consommation en Europe, même si cela doit augmenter l’inflation ». Ils estiment qu’en matière de protection sociale l’Union Européenne ne va pas dans la bonne direction et deux Français sur trois font le même constat en matière de lutte contre le chômage. Sur le plan social, il en découle que huit Français sur dix souhaitent « la construction d’une Europe sociale, garantissant les mêmes droits aux salariés dans tous les pays de l’Union européenne » et une majorité souhaite que « les organisations syndicales aient plus d’importance sur les décisions prises par l’Union européenne ».
A cette demande de régulation sociale s’ajoute une revendication d’un meilleur contrôle sur les modalités de la construction européenne. Les institutions européennes sont jugées « trop éloignées » des préoccupations quotidiennes des gens, « trop occupées à faire des règlements tatillons sans raison », et « pas assez démocratiques ». La synthèse entre plus d’efficacité et plus de démocratie ne passe pourtant plus tant par le renforcement du Parlement de Strasbourg que par celui du « Conseil des ministres européens » et par celui des « parlements et gouvernements de chaque Etat membre ».
Par domaines, la « défense », « l’environnement », la « politique étrangère », la « politique des télécommunications » et la « politique industrielle » sont jugés du ressort d’une « politique commune pour tous les pays » de l’Union. En ce qui concerne la « lutte contre le chômage », les avis sont partagés. En matière de « formation professionnelle », de « politique économique », « sociale », « culturelle » et « d’éducation », la demande est plutôt « qu’il y ait coopération mais que les décisions soient prises par chaque pays ». En l’espace de quatre ans, hormis en ce qui concerne l’immigration, pour l’ensemble de ces domaines, le souhait du primat des politiques nationales a sensiblement progressé.
Cette demande de ré-inflexion nationale et sociale entraîne une première dissociation entre la demande de plus d’Europe et la perspective de la monnaie unique qui ne recueille l’assentiment sur les critères de convergence et le calendrier que de la moitié des Français. L’opinion oscille donc, faute d’alternative, entre l’adhésion à la construction européenne et des hésitations à l’égard de son instrument monétaire, à terme la monnaie unique, dont le chemin de croix semble proportionnel à la rédemption attendue.
Jacques Chirac s’est engouffré dans cet hiatus en cherchant une « troisième voix » et Lionel Jospin en tentant de se désengager de cette tension en indiquant que « la monnaie unique n’était pas une religion » et que « l’Europe pouvait se faire sans la monnaie unique ». Au total, l’externalisation sur le plan européen de la tension entre, d’une part, l’aspiration des citoyens au maintien de l’égalité sociale et, d’autre part, les logiques économiques sous contraintes financières qui la remettent en cause, permet certes à court terme au personnel politique de s’exonérer de sa responsabilité nationale à l’égard des citoyens, mais présente le risque qu’une partie de l’opinion attribue la responsabilité des maux nationaux à « l’étranger ».
L’effet conjugué de la dérégulation libérale et de la responsabilité attribuée à une contrainte extérieure sur laquelle la sphère politique — et donc les citoyens — renonceraient à peser risque d’amplifier la xénophobie et le nationalisme. Le sentiment pro-européen de nos compatriotes n’y résisterait pas longtemps. Aux responsables européens et français de prouver dans les faits que l’Europe se bâtit pour ses citoyens et que la politique de désinflation compétitive protège les droits sociaux ou en propose de nouveaux.